Scolarisation des autistes:le dur apprentissage des parents
| 16-11-2017 00:09
Entre coûts élevés, manque d’un programme scolaire homologué, d’éducateurs spécialisés, etc.
«La difficulté c'est de trouver une école spécialisée à la hauteur de ma bourse. J'ai fait le tour et l'école la moins coûteuse me demande 500.000 sans avoir tous les spécialistes. » Roger Atangana, père du petit Maxime, autiste, un peu plus de 3 ans, a donc préféré inscrire son fils dans une « école classique ». L’enfant a ainsi commencé les cours en septembre. Ce n’est pas le cas des autres petits atteints d’autisme.
Leur rentrée scolaire 2017-2018, c’était en octobre. Généralement le mois de retour sur les bancs pour les neuro-atypiques, comme l’explique Danielle Minyemeck, présidente de l’association L’Emotion de l’Autisme. L’association plaide pour la mise en place d'un cadre pour régir et formaliser la prise en charge des enfants autistes, « car chacun fixe un montant, chaque école crée ses tarifs et pas des moindres », regrette Danielle Minyemeck, qui, elle, débourse plus de deux millions de francs par an. Pour son seul enfant.
Une reprise en octobre liée à l’éternel recommencement que connaissent beaucoup de parents. Chercher un centre spécialisé de rééducation digne de ce nom à sa progéniture, réunir les fonds nécessaires pour financer son année scolaire. Pour le premier point, Gaëlle Olivia Fokoua, commerçante et mère de trois enfants, dont un garçon âgé de 7 ans souffrant de Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA), a par exemple dû faire des recherches sur Internet et discuter avec des médecins. Alain Ronny Kenmogne, autre parent, a lui été informé d’un premier centre grâce au spécialiste qui a diagnostiqué le TSA à son enfant. Les autres centres ont été découverts par le bouche-à-oreille en échangeant avec d’autres parents de petits autistes.
Quant aux éducateurs spécialisés, ils ne courent pas les rues, comme l’explique Marie Mélanie Bell, fondatrice du Centre Orchidée Home (COH) à Douala : « Nous avons investi dans la formation d’un orthophoniste à l’étranger, il est le seul de la région du Littoral, sa prise en charge est presque gratuite. Pour le reste nous faisons venir d'Europe les psychologues pour enfants, les éducateurs spécialisés. Certaines années, nous sommes soutenus par de généreux donateurs qui couvrent les honoraires de ces professionnels, ce qui rend la contribution parentale presque nulle ».
