Séance de questions orales particulièrement attendue vendredi dernier au palais de Verre de Ngoa-Ekellé au regard des sujets abordés et ayant pour l’essentiel trait à l’actualité.

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Sous la présidence de Emilia Monjowa Lifaka, vice-présidente de la chambre, les députés ont interpellé le gouvernement sur la récente participation du Cameroun à la Coupe du monde football qui se poursuit au Brésil, la retransmission des matchs de ce tournoi uniquement en français à la télévision, les travaux des autoroutes Yaoundé-Douala et Yaoundé Nsimalen , la stratégie de développement du secteur rural, le paiement des traitements des fonctionnaires par virements bancaires et la sélection des enfants qui participent au parlement des enfants chaque année. CT fait une synthèse de ces travaux qui ont également vu adopter le projet de loi autorisant le président de la République à ratifier le protocole à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples adopté à Ouagadougou au Burkina-Faso le 10 juin 1998.

 

Gestion de la Fécafoot, Participation « désastreuse » du Cameroun à la Coupe du monde

reponse-gouvernement-anLe ministre des Sports et de l’Education physique, Adoum Garoua, a eu à répondre aux préoccupations des députés RDPC Martin Oyono et SDF Jean Michel Nintcheu, portant notamment sur : la perte de valeurs dans le milieu du football au Cameroun, les éternels problèmes de primes, les effectifs pléthoriques des délégations officielles, l’arrivée tardive au Brésil, la santé physique de certains joueurs, la démobilisation des joueurs… Le ministre Adoum Garoua a indiqué d’emblée que : « Dans le sport, on n’est pas dans la gloire chaque jour. C’est cyclique. » Si à son avis, il ne s’agit pas d’une excuse, il a indiqué que l’heure est à la reconstruction. Il est revenu sur le processus qui a conduit à la mise sur pied d’un Comité de normalisation à la tête de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) qui a jusqu’au 30 novembre 2014 pour organiser des élections à la tête de cette fédération. Sur les rapports avec l’ambassadeur itinérant Roger Milla, le ministre Adoum Garoua a révélé que ceux-ci sont bons. Le programme de développement des infrastructures sportives en cours depuis 2012 se poursuit a fait savoir le ministre des Sports et de l’Education physique.

S’agissant du refus des joueurs de prendre le drapeau des mains du Premier ministre, le MINSEP a indiqué qu’une enquête a été prescrite par le président de la République. « Je ne voudrais pas anticiper sur les résultats de l’enquête qui prendra en compte l’ensemble des préoccupations évoquées par les députés. Toutes les personnes concernées par cette enquête seront entendues et il y aura des résultats. Il faut que nous soyons tous patients » a souligné Adoum Garoua. Il en est de même des questions de discipline.

Sur le coût de la participation du Cameroun à la Coupe du monde, le ministre des Sprots a indiqué qu’il lui était difficile de faire un bilan financier parcellaire. La délégation qu’il conduisait avait en son sein un billeteur, « A ce stade de notre participation à la coupe du monde au Brésil, nous n’avons pas tout dépensé, et il y aura de l’argent qui sera reversé au Trésor public »

Sur le fonctionnement de la Fécafoot, Adoum Garoua a fait savoir que celle-ci vit essentiellement des subventions que leur verse la Fifa, qui est par ailleurs la seule habilitée à contrôler l’utilisation de ces fonds.

Sur le caractère jugé « pléthorique » de la délégation camerounaise au Brésil, le MINSEP a indiqué que celle-ci comporte un volet sportif (composée de 50 personnes et comprenant les joueurs et leurs encadreurs, le Comité de normalisation …) et le volet officiel « composée des représentants des grands corps de l’Etat à savoir la présidence de la République, le Sénat, l’Assemblée nationale, les Services du Premier ministre, certains ministères techniques » avec 23 personnes. Chaque volet était chargé de supporter ses charges.

Sur les questions des primes et de l’arrivée tardive, le MINSEP a reconnu qu’il y a eu quelques problèmes en ce qui concerne les primes. « Elles ont été arrêtées, mais certains détails n’étaient pas réglés », ce qui a causé les 24 h de retard observés à l’arrivée au Brésil et les pénalités infligées par la Fifa.

Sur l’état de santé des joueurs, Adoum Garoua a indiqué qu’il relève de la compétence du staff médical qui met le bilan de santé de l’équipe à la disposition de l’encadrement technique. La liste définitive des joueurs a été communiquée le 2 juin 2012 sur cette base.  

 

Reportage uniquement en français des matchs de la Coupe du monde

Répondant à la préoccupation du député SDF Cyprian Awudu Mbaya, le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary a indiqué que pour la Coupe du monde qui se poursuit au Brésil, la CRTV a dépêché une équipe de six journalistes, soit trois francophones et trois anglophones « Ils avaient pour mission de rendre compte dans nos deux langues du déroulement de la compétition » a fait savoir le MINCOM. A la radio, « toutes les retransmissions des matchs des Lions indomptables et autres ont été réalisés à la fois en français et en anglais. A ce jour, cinq directs l’ont été dans les deux langues. Les journalistes de la radio ont fait 146 prestations au 24 juin 2014. 73 de ces reportages étaient en anglais et 73 en français » a révélé Issa Tchiroma Bakary. A la télévision, en dehors des retransmissions des matchs, « 78 papiers et autres interventions ont été diffusés au 24 juin 2014, soit 39 en anglais et 39 en français. » Pour ce qui est des matchs, le MINCOM a indiqué qu’« en dépit du fait que la CRTV a pris toutes les dispositions nécessaires en acquérant des positions commentateurs pour trois  personnes, le journaliste anglophone, le journaliste francophone et le technicien, les commentaires en direct des matchs à la télévision n’ont pas été faits par les journalistes de la CRTV. Des problèmes techniques sont en effet survenus dans le dispositif mis en place, entraînant un décalage important entre le son et l’image à la télévision. Les efforts techniques déployés pour faire coïncider les deux signaux n’y ont rien fait. » Ce qui a conduit le directeur général de la CRTV et ses équipes techniques à utiliser le son que mettait à sa disposition l’URTNA, a souligné le ministre Issa Tchiroma Bakary qui a pour la circonstance sollicité l’indulgence des membres de la chambre.

 

Paie des traitements des fonctionnaires et agents de l’Etat par virements bancaires

Au sujet de l’arrêté au centre de la préoccupation du député Joachim Ekanga Abata, à savoir l’arrêté n°0005/MINFI du 13 janvier 2011, le ministre des Finances, Alamine Ousmane Mey a indiqué que celui-ci encadre le service bancaire minimum garanti par les établissements de crédit dans le but d’offrir des services gratuits, afin de favoriser la bancarisation dans notre pays. « C’est le lieu de relever que cet arrêté produit des résultats encourageants et le gouvernement par le biais du ministère des Finances participe à ce processus en assurant le virement de la solde mensuelle des personnels de l’Etat supérieur à 100 000 FCFA à travers le système bancaire et les établissements de micro-finances »

Au sujet du budget d’investissement public et même celui du fonctionnement, le MINFI a rappelé que les procédures de passation de la commande publique encadrent au préalable le mode de règlement. La propension du règlement des dépenses en numéraires ira s’amenuisant a rassuré le ministre Alamine Ousmane Mey.

 

Autoroutes Yaoundé-Douala, Yaoundé-Nsimalen et réfection de la route Bafoussam-Bamenda

reponse-gouvernement-anInterpellé par le député SDF, Cyprian Awudu Mbaya sur l’état d’avancement des deux premiers projets et les raisons de l’arrêt du troisième, le ministre des Travaux publics, Patrice Amba Salla a indiqué en ce qui concerne l’autoroute Yaoundé-Douala que le projet nécessite la bagatelle de 338,67 milliards de F pour un délai de 60 mois en deux phases. « Seulement, pour anticiper un peu et mettre rapidement cette infrastructure en place, il a été admis que la conception puisse se faire partiellement pour un démarrage des travaux et être complétée par la suite. C’est ce qui a cours et l’entreprise a produit les études sur un tronçon de 100 km », a indiqué le MINTP qui a tout de même fait savoir que lesdites études n’ont pas encore été validées « parce que des réserves ont été faites sur les aspects géotechniques. » Il a par ailleurs fait savoir que les indemnisations vont se poursuivre dès qu’un décret additif sera signé pour les personnes qui ne disposaient pas de titres fonciers. « Le projet est lancé et connaît des à-coups que son itinéraire impose … cette phase pionnière mérite qu’on s’y attarde un peu plus pour adopter une démarche fiable que nous n’aurons plus qu’à dupliquer. La suite sera nécessairement plus fluide. »

Sur le projet d’autoroute de Nsimalen, bien qu’ayant souligné que la maîtrise d’ouvrage ici est assurée par son collègue de l’Habitat et du Développement urbain, Patrice Amba Salla a indiqué que le contrat a été signé le 23 décembre 2013 pour un montant de 36,7 milliards de F, que l’ordre de service de commencer les travaux a été notifié à l’entreprise chinoise le 2 mai 2014 par le ministre des Marchés publics ; que les indemnisations ont été payées, non pour libérer l’emprise des travaux aux fins d’études géotechniques, mais pour les travaux proprement dits. « L’installation du chantier est en cours et le nettoyage est assez avancé »

S’agissant de la route Yaoundé-Bafoussam-Bamenda, le MINTP a indiqué que celle-ci nécessitait pour sa réhabilitation, la somme de 120 milliards de F. Hors, en 2012, le président de la République a ordonné le déblocage de la somme 100 milliards de F dans le cadre du Programme d’urgence de réhabilitation des grands axes. Huit d’entre eux étaient concernés. Il a été alloué la somme de 30 milliards de F pour l’axe Yaoundé-Bafoussam-Bamenda, ce qui représente le quart des sommes nécessaires.

 

Stratégie de développement du secteur rural

Parlant au nom du ministre de l’Agriculture et du Développement rural (MINADER), le ministre délégué, Clémentine Ananga Messina a répondu aux préoccupations de l’élue RDPC Odette Melaga qui voulait avoir des clarifications nécessaires à l’augmentation de la production agricole et au passage de l’agriculture de seconde génération. Le ministre délégué a indiqué que dans le cadre du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE), le gouvernement a décidé de conduire un vaste programme d’accroissement de la production agricole en vue de satisfaire, non seulement les besoins des populations, mais également les agro industries. Au rang des préoccupations, l’amélioration de l’appareil de production, le développement de la compétitivité des filières de production « Le Cameroun dispose d’abondantes ressources foncières encore largement sous-exploitées » a-t-elle indiqué. Mme Ananga Messina a révélé que sur une superficie totale de 47 millions d’ha, 9,2 millions sont utilisables à des fins agricoles, que les terres arables s’étendent sur environ 7,2 millions d’ha et 2 millions d’ha de pâturages. En 2010, 3,7 millions d’ha étaient cultivés, soit 51,4% de la surface cultivable. Ce qui de l’avis du ministre, place notre pays dans une situation favorable en termes de disponibilité des terres. Mme Ananga Messina a indiqué que le Cameroun rassemble une gamme exceptionnelle de sols et de micro-climats qui le prédisposent à être un important producteur de la plupart des spéculations agricoles. Toutefois, une étude rigoureuse des terres s’impose.

C’est pourquoi en 2013, sur instructions du Premier ministre, chef du gouvernement, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, a lancé une étude sur l’élaboration de la carte d’aptitude des sols. D’importants travaux ont déjà été réalisés. Il sera important d’avoir une maîtrise parfaite des sols, de même qu’il sera nécessaire d’adopter une mécanisation adaptée à ces différents types de sols.

Il sera question d’aménager des bassins de production autour des spéculations prioritaires.

 

Le parlement des enfants

Interpellée par le député SDF Cyprian Awudu Mbaya sur les critères de sélection des députés juniors et la non-implication des membres de la chambre dans le processus, le ministre des Affaires sociales (MINAS), Catherine Bakang Mbock a rappelé d’emblée que le parlement des enfants se veut une plate-forme d’échanges entre les enfants et les décideurs. Ce qui nécessite une sélection rigoureuse de ceux chargés de représenter l’ensemble des enfants à l’Assemblée nationale. La Minas a indiqué que les enfants retenus sont élus par leurs pairs et sont issus des différentes couches de la société, et même parmi les couches les plus vulnérables (pygmées, bororo …) Les élèves sont choisis parmi les cinq meilleurs des classes sélectionnées. Au niveau du primaire, ceci se fait à partir du Cm1. Au secondaire, ils sont choisis dans les classes de 6e, 5e, 4e, et seconde. Leur âge varie entre 9 et 17 ans. La sélection est faite au niveau régional par les délégués régionaux du MINAS, de l’Education de base, des Enseignements secondaires, de la Promotion de la Femme et de la Famille sous la supervision des gouverneurs.

Mme Catherine Bakang Mbock a révélé que cette activité a toujours bénéficié d’une préparation intersectorielle avec pour partenaire privilégié, l’Assemblée nationale. Toutes les sessions du parlement des enfants ayant toujours été présidées par le président de l’Assemblée nationale.

 

Source : Cameroon Tribune