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C’est mercredi 24 janvier 2018 à Kribi que Monsieur Patrice Melom, Directeur général du Port Autonome de Kribi (PAK), a procédé à la signature d’un protocole d’accord d’installation, dans la zone industrielle du port de Kribi (PAK) de la première unité manufacturière dédiée au traitement et à la production de fèves de cacao. Unité installée par la société Atlantic Cocoa Corporation (ACC). La cérémonie a eu deux phases : la première, sur le site même de l’implantation industrielle dans la zone contiguë au port de Mboro et qui consistait à prendre la mesure de l’avancée concrète de ce projet sur le terrain. Et la deuxième, qui a débuté en tout début de soirée et qui conduisait à la signature finale des documents de ladite convention.

L’investissement ainsi consenti, d’une valeur de 30 Mds FCFA, partiellement fournis par la banque BGFI, vise à raffiner dans un premier temps quelques 32 000 tonnes de fèves de cacao, extensibles à 60 000 tonnes à plein régime, en aval d’une production brute de 140 000 tonnes environ, venant principalement des régions du Sud et du Centre du Cameroun. Selon les promoteurs de ACC, ce « projet de mise en place d’une unité agro-industrielle de traitement primaire des fèves de cacao s’intègre aux objectifs du gouvernement de promouvoir la transformation du cacao à hauteur de 50% de la production nationale, pour retenir une partie significative de la valeur ajoutée des filières agricoles dites stratégiques sur le territoire ». Pour rappel, le Cameroun, dont la production cacaoyère moyenne se situe autour de 200 000 tonnes depuis au moins cinq campagnes, ne transforme localement qu’à peine 25% de sa production. Volume que le pays entend doubler d’ici à 2020.

Historique d’un projet ambitieux

C’est le 14 mars 2016 que la firme australienne Atlantic Group, spécialisée dans la restauration, le catering et l’organisation des réceptions fit la publication d’un appel d’offres, diffusé localement par sa filiale camerounaise, le groupe agro-industriel Atlantic Cocoa Corportation (ACC), pour installer son démembrement dans la zone industrialo-portuaire de Kribi. La documentation accessible fut alors rendue disponible à l’Agence de promotion des investissements (API) qui renseigna dans un premier temps sur le fait qu’il s’agissait d’une unité de transformation d’une capacité de 15 000 tonnes de cacao.

Mais il faut noter qu’Atlantic Cocoa Corporation a obtenu son agrément quasiment au même moment que d’autres concurrents. Il s’agit des sociétés camerounaises Fapam Industry SA, Société Agro Ressources Cameroon SA et Quantum Cocoa SA. Si l’API ne donne pas toute la visibilité sur les tonnages de fèves à transformer, des informations concordantes attestent que l’activité principale de ces sociétés sera concentrée sur le broyage. « Sans nul doute, qu’avec la nouvelle redevance à 15 FCFA/kg pour les fèves entrant dans les unités locales de transformation et le réaménagement constant des incitations fiscalo-douanières, le paysage du broyage des fèves s’en trouvera irréversiblement transformé irradiant les effets induits sur l’ensemble de la filière nationale », commentait alors l’interprofession du secteur du cacao.

Pour rappel, c’est le 29 juillet 2015 que l’ivoirien Kone Dossongui, opérateur économique ivoirien, avait révélé son projet de création d’un consortium industriel du cacao au Cameroun. Reçu par le ministre de l’Economie d’alors, Kone Dossongui avait précisé que son projet agro-industriel aura trois composantes. A savoir : la création de cacaoyères dans le pays, la construction d’une unité de transformation des fèves, et la mise sur pied d’une entité d’encadrement des producteurs.

Selon l’entrepreneur en effet, ce « projet de mise en place d’une unité agro-industrielle de traitement primaire des fèves de cacao (…) s’intègre aux objectifs du gouvernement de promouvoir la transformation du cacao à hauteur de 50% de la production nationale, pour retenir une partie significative de la valeur ajoutée des filières agricoles dites stratégiques sur le territoire ».

Pour rappel, le Cameroun, dont la production cacaoyère moyenne se situe autour de 200 000 tonnes depuis au moins cinq campagnes, ne transforme localement qu’à peine 25% de sa production. Volume que le pays entend doubler d’ici à 2020.

Une dynamique qui va de la Côte d’Ivoire au Cameroun

 

C’est l’entrepreneur ivoirien Kone Dossongui qui est à la tête de cette initiative. Dotée d’un capital social de départ de 10 millions de FCFA, le siège de cette société est à Yaoundé, la capitale camerounaise.

Le patron du groupe Atlantique (Atlantic Télécom, Atlantic Financial Group…) déjà présent au Cameroun à travers la banque éponyme, préside lui-même le Conseil d’administration de cette nouvelle entreprise, tandis qu’un certain Georges Anatole Wilson en est le DG. L’objet social d’Atlantic Cocoa Plantations SA est «la mise en place, le développement et l’exploitation des plantations agricoles ; la commercialisation de tous produits agricoles et vivriers ; le regroupement, la formation et l’encadrement des petits et moyens planteurs ».