La sœur Bussière et les pères Alligri et Marta sont arrivés à Yaoundé hier en compagnie du ministre SGPR. 

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Des nombreux mouvements d’avion observés hier matin à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, ceux du Casa CN 235 des Forces aériennes camerounaises en provenance de Maroua étaient sans doute les plus attendus. En raison des « précieux » passagers à son bord. Les trois religieux enlevés dans la partie septentrionale du Cameroun en avril dernier ont recouvré la liberté quelques heures plus tôt. C’est à 12 h 25 que l’appareil s’est immobilisé sur le tarmac. Le temps des manœuvres, un léger dispositif d’accueil se met en place. On reconnaît le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, le secrétaire d’Etat à la Défense chargé de la Gendarmerie, Jean Baptiste Bokam, le délégué général à la Sûreté nationale, Martin Mbarga Nguélé, puis trois chefs de missions diplomatiques accrédités au Cameroun. Il y a là, le Nonce apostolique, Mgr Piero Pioppo, l’ambassadeur d’Italie, Stefano Pontesilli, le haut commissaire du Canada, Benoît-Pierre Laramee. Un invité surprise, le cardinal Fernando Filoni. Le préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples au Vatican, en visite au Cameroun, n’a pas voulu rater l’un des épisodes de cet heureux dénouement.

Quelques minutes plus tard, les portes de l’appareil se sont ouvertes sur le ministre, secrétaire général de la présidence de la République. Vêtu d’un polo de couleur noire, manches retroussées sur un jean assorti et chaussé de rangers de même couleur, Ferdinand Ngoh Ngoh précède de peu la Sœur Gilberte Bussiere. La religieuse canadienne est suivie par ses désormais ex-compagnons d’infortune. Comme elle, les pères italiens Gianantonio Alligri et Giampaolo Marta sont libres. La fatigue se lit sur les trois visages. Les accolades se succèdent, la Sœur Gilberte tombe littéralement dans les bras du cardinal Filoni. Enlevés dans la nuit du 4 au 5 avril dernier dans leur paroisse catholique de Tchere-Tchakidjebe à 18 km de Maroua dans l’arrondissement de Meri, département du Diamaré, ils recouvrent la liberté à la suite des nombreux efforts déployés par les autorités camerounaises. Ils sont d’ailleurs encadrés durant leur voyage par des éléments du Bataillon d’intervention rapide (BIR) sur le qui-vive. L’état de leurs bottes laisse clairement présager qu’elles n’ont pas été chaussées pour une parade militaire.

Le temps de mettre le dispositif en place, puis l’imposant cortège s’ébranle en direction du centre ville de Yaoundé, et plus précisément du quartier Bastos. Premier arrêt, la résidence de l’Ambassadeur d’Italie. Le ministre, secrétaire général de la présidence y accompagne les Pères Gianantonio Alligri et Giampaolo Marta. Ferdinand Ngoh Ngoh fera de même un pâté de maisons plus loin à la résidence du Canada qui accueille la Sœur Gilberte Bussiere. C’est l’air satisfait que le ministre, secrétaire général de la présidence de la République prend congé du haut commissaire Benoît-Pierre Laramee. Les dernières poignées de main de Ferdinand Ngoh Ngoh seront pour les éléments du BIR. « Je vous félicite pour le loyalisme et la bravoure dont vous avez fait montre au cours de cette opération », lâche-t-il avant de s’engouffrer lui-même dans son véhicule.