Economie
Aïcha NSANGOU | 05-03-2018 12:39

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Le premier bateau commercial a enfin accosté sur le quai du port de Kribi, ceci est-il le lancement des activités opérationnelles de ce port ?

Ça a été une œuvre de longue haleine qui a duré un certain temps, d’où d’ailleurs l’impatience des populations. Maintenant nous arrivons au terme de ce processus. Il y a lieu d’être satisfait. À partir de maintenant, ce sera une activité permanente, 24h/24. En termes de perspectives immédiates, la ligne maritime Cma-Cgm prévoit déjà pour le mois de mars une douzaine d’escales. Si on tient compte du fait qu’il n’est pas seul, d’autres lignes maritimes s’intéressant au port de Kribi, très rapidement, il y aura énormément d’activités autour du port de Kribi. 

La route Kribi-Edéa n’est pas des plus praticables en ce moment. Comment se fera la sortie des marchandises du port de Kribi ?

Je dois dire que le trafic sur la place portuaire de Kribi va crescendo. Nous avons fait goudronner l’axe qui part de Kribi au site du port dans les normes des routes actuelles au Cameroun et donc, c’est cette route qui va permettre d’évacuer les premiers trafics du port de Kribi. L’état de la route Kribi-Edéa pose en effet des problèmes mais, nous avons des assurances du ministère des Travaux publics qui a indiqué que cette année, des travaux de confortement seront faits sur cet axe. Dans l’immédiat, nous étudions la possibilité de transporter les containers qui sont transbordés sur Douala par mer. C'est-àdire qu’il y aura une solution de cabotage entre Kribi et Edéa et vice versa. De toutes les manières, la solution définitive entre le port de Kribi-Edéa, c’est une autoroute. Aujourd’hui, nous sommes en train d’achever à 80% le tronçon de l’autoroute entre Kribi et le site du port. Naturellement, le gouvernement est en train de réfléchir à rechercher des financements pour avancer sur la construction de l’autoroute Kribi- Edéa qui va rejoindre l’autoroute qui viendrait de Yaoundé pour Douala. Naturellement les études sont en cours sur le chemin de fer entre Edéa, Kribi et le site du port et je pense que le trafic augmentant, la construction de ce chemin de fer va se mettre en place.

Comment se passe la collaboration avec les autres acteurs qui interviennent au port de Kribi notamment sur la partie continentale?

Sur la partie continentale, nous sommes en train d’aménager à l’immédiat des superficies.  Aujourd’hui, nous sommes pratiquement à 30 hectares qui vont être attribués prioritairement aux acteurs qui travaillaient déjà sur la place portuaire, notamment les manutentionnaires sur les terminaux qui ont besoin immédiatement de faire des magasins. Nous sommes en contact avec des investisseurs qui devraient aboutir sur une solution un peu plus globale d’aménagement autour de 500 hectares. Nous n’excluons pas l’hypothèse de montage qui permet par exemple à l’investisseur de faire lui-même des terrassements et s’établir. C’est un peu ce qu’on a fait avec l’entreprise Atlantic cocoa qui construit l’usine de transformation de cacao. C’est elle-même qui aménagé ses espaces et aujourd’hui elle est déjà en train de construire. Après cela nous mettrons en place un modèle financier qui permet de prendre en compte ces investissements. Nous sommes ouverts à tout genre d’investissements qui permet que rapidement, la zone logistique industrielle soit mise en place.

Où en est-on avec les travaux d’extension du port?

Les travaux d’extension ont démarré. Ils consistent à construire 700 m linaire de quai supplémentaire en prolongement de ce qui existe en ce moment. Ce que nous avons déjà construit représente 1/10e de ce qui est prévu. On va refaire presque la même chose. Dans trois ou quatre ans, on aura un linéaire de quai de 1300m. Ça nous permettra de commencer à parler avec les ports d‘une certaine envergure. Il faut reconnaitre qu’aujourd’hui, nous sommes encore assez réduit. Les estimations montrent que dans trois ans, ce que nous avons là va être saturé. C’est pour cela que dès maintenant, il est important de lancer les extensions.