A Mogodé, dans le département du Mayo-Tsanaga, le programme agropoles a amélioré la production de cette denrée aujourd’hui exportée

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Près de 20 mois après le lancement officiel du programme agropoles dans la région de l’Extrême-Nord, les producteurs de soja dans le bassin de production de Mogodé, localité non loin de Mokolo dans le département du Mayo-Tsanaga, se frottent les mains. Dans cette localité, la production est allée au-delà des prévisions. Pendant que 4800 tonnes de soja étaient attendues en 2013, l'appui du programme aux populations de cette localité a permis d’obtenir une production de 5 300 tonnes. En fait, les producteurs ont bénéficié d’un appui en intrants agricoles. Le rendement est passé de 20 sacs/hectare à 25 sacs/hectare. En termes de revenus, 5 300 tonnes correspondent à 53 000 sacs de 100 kg et un sac est vendu à 20 000 F, ce qui correspond à un chiffre d'affaires de 850 000 000 de F que le programme agropoles apporte aux populations de Mogodé.

Aujourd’hui, la récolte sera exportée vers les centres de transformation qui en demandent à l’exemple de Douala où une usine de transformation de soja vient de voir le jour. Pour les populations au niveau local, le programme permet déjà d’assurer la sécurité alimentaire. Ce qui correspond bel et bien aux objectifs poursuivis lors de la création des agropoles. Non seulement, cette action permettra d’assurer l’auto-suffisance alimentaire, mais elle ira plus loin en permettant de lutter contre le déséquilibre de la balance commerciale du Cameroun.

Selon les responsables du Minepat, les appuis sont apportés aux populations sous forme de subventions. Cet appui est de 100% pour les infrastructures socio-communautaires et le renforcement des capacités, 30% lorsqu’il  s’agit de l’acquisition des équipements et des infrastructures privées, et 35% pour l’acquisition des intrants. Malgré cet apport, l’agriculture dans cette zone est sujette à de nombreuses contraintes. Entre autres, l’accès à la terre et aux intrants modernes, la faible productivité des exploitations, la pénibilité du travail à cause de la faible mécanisation, l’insuffisance de l’encadrement technique, l’accès aux marchés, l’absence de structures de financement adaptées… Pour les populations, il est nécessaire d’étendre l’action du programme agropoles aux autres cultures telles que le sorgho, le mil, le maïs, le haricot et l’oignon qui sont les cultures de base de la région.

Source : Cameroon Tribune