Eric Vincent FOMO 

La filière connaît une production en hausse depuis 2012 et constitue une potentielle source de développement pour le département.

 

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Il est à peine 7h50 ce mardi lorsque nous arrivons à la chefferie supérieure de Bamenkombo, département des Bamboutos. Le maître des lieux, S.M. Pierre Jannot Dadjio Tandjong, n’est pas dans les parages. L’une de ses épouses nous fait savoir qu’il est allé entretenir son verger. Joint au téléphone, l’autorité traditionnelle nous demande de l’y rejoindre. Une fois sur le site, grande est notre surprise de découvrir un verger qui s’étend sur une superficie de 30 hectares. Il est essentiellement constitué d’avocatiers. Plus de 500 plants. Le promoteur Pierre Jannot Dadjio Tandjong envisage même de créer de nouveaux vergers à Banansap et Ngouaya, deux autres quartiers de Mbouda. C’est en 1995 qu’il est mordu par le virus de la culture d’avocats. « C’est un ami de mon père, M. Ndjonkoué, qui m’a conseillé d’investir dans l’avocat. Depuis, j’en ai fait une passion et je vis avec une mine d’or qui me permet de m’épanouir », confie-t-il. Au cours de la campagne agricole 2014, le planteur dit avoir produit 1 050 sacs d’avocats de 100 kg. Ce qui lui a rapporté plus de 7 millions de Fcfa.

Comme lui, François Tazo, un autre cultivateur, exploite un verger de plus de 1 200 plants d’avocatiers à Bamendjing dans l’arrondissement de Galim. Une activité d’autant plus rentable que les principales zones d’écoulement de leurs productions sont en grande majorité les grandes métropoles du pays que sont Douala et Yaoundé et les pays de la sous-région tels que le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Congo-Brazzaville.

Sur le plan national, le département des Bamboutos est le principal bassin de production des avocats. « L’avocat est la mascotte de ce département. Les Bamboutos sont un bassin historique de production d’avocats. Ici, c’est une tradition d’avoir des avocatiers dans chaque exploitation familiale agropastorale », révèle le délégué départemental de l’Agriculture et du Développement rural des Bamboutos, François Tiomo. Selon ses estimations, la production annuelle est de 120 000 tonnes en moyenne.

Les principaux bassins de production sont concentrés dans les arrondissements de Babadjou, Galim (Bamendjing) et Mbouda. Face à la forte demande sur le marché, un système de mise en place des plants greffés a été initié, afin de multiplier par 10 la production d’ici quatre ans. Plus de 20 000 plants d’avocatiers greffés sont en pépinière dans tout le département, selon le délégué départemental. « L’objectif recherché dans la promotion des plants greffés est non seulement d’améliorer le verger, mais aussi d’augmenter le nombre de plants, pour avoir une production concurrentielle, qui répond aux besoins des consommateurs », ajoute-t-il. Les variétés expérimentées proviennent de l’Irad de Foumbot dont Ipson, Lula, Anaen, Boot 7 et Boot 8.

Pour l’instant, il n’existe pas encore d’unités de transformation de l’avocat dans les Bamboutos. En attendant, l’heure est à la formation des cadres à la production de plants greffés, aux visites ponctuelles sur le terrain, à l’appui-conseil des producteurs. Avec le projet en cours de création d’une usine d’extraction de l’huile d’avocats dans la commune de Mbouda, les populations caressent déjà le rêve de voir cette filière devenir une source génératrice de croissance et pourvoyeuse d’emplois. Surtout que cette industrie de transformation permettra de récupérer les pertes post-récoltes, estimées à près de 30%, selon François Tiomo.  

Source : Cameroon-Tribune