Yvette MBASSI-BIKELE/Cameroon-Tribune

 

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L’institution officiellement inaugurée mardi dernier, accueille des malades en détresse 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

Un calme plat règne ce mercredi 19 août, au Centre des urgences de Yaoundé inauguré en grande pompe mardi dernier par le Premier ministre, chef du gouvernement, Philemon Yang. Dans les allées, quasiment pas âme qui vive. De temps à autre, le ronronnement de la climatisation, la sonnerie d’un téléphone ou les conversations feutrées du personnel médical viennent troubler le silence ambiant. Chacun est à son poste, apparemment très concentré. C’est qu’il y a fort à faire au sein de cette institution hospitalière de deuxième catégorie ouverte au public depuis le 24 juin 2015. Chargée d’accueillir les malades, principalement les accidentés, dont le pronostic vital est engagé, elle ne réserve aucune place à la distraction.

L’institution se veut à l’image des multiples sitcoms occidentales sur les urgences médicales, tant appréciées du public camerounais. Ici, l’on s’attèle à gérer rapidement le patient qui arrive dans un état critique, avant même de parler argent. Ainsi, le leitmotiv est aussitôt admis aussitôt pris en charge, sans caution. « Nous fonctionnons comme cela depuis l’ouverture. Nous avons déjà reçu plusieurs dizaines de cas dont des personnes victimes de fractures, d’accident vasculaire cérébral (AVC) ou d’accident sur la voie publique. Nous avons eu à opérer, quand cela s’est avéré nécessaire et avec succès », assure un médecin, cadre de l’établissement sanitaire. Selon Dr Louis Joss Bitang à Mafok, directeur du Centre, celui-ci accueille « tous les malades en urgence et dispose d’un service interconnecté qui permet une prise en charge multidimensionnelle dans un rayon restreint afin de sauver le malade en temps réel ».

Aussi, les équipements qui meublent le plateau technique, dont un scanner de 16 barrettes, sont-ils de pointe. Bâtie sur 4500 m2, la formation hospitalière d’une capacité de 50 lits avec 265 employés tous grades confondus, dispose aussi d’un bloc opératoire, un laboratoire relevé, d’une pharmacie, d’un service de chirurgie et un autre dédié aux soins intensifs. « 40% des personnes qui arrivent aux urgences meurent. C’est pour changer cette donne que nous avons mis en place un système particulier qui s’investit d’abord sur la vie humaine. Nous avons un service mobile qui débute les soins sur le lieu de l’accident à condition d’être informé. Le numéro vert sera communiqué incessamment», rassure le directeur du Centre. Un système de post-payement permettant de dresser la facture aux malades après tous les soins a été mis en place. Seul l’avenir permettra de juger de son efficacité et de la reconnaissance du public.