Propos recueillis par George MBELLA

Basile Atangana Kouna, ministre de l’Eau et de l’Energie.

 

Le chef de l’Etat lors de son message traditionnel à la nation le 31 décembre 2015 a relevé que parmi les conditions préalables à l’industrialisation de notre pays figure « la disponibilité d’une énergie suffisante et permanente ». Plusieurs projets structurants ont été engagés pour accroître l’offre énergétique. Quelle évaluation faites-vous de l’état d’avancement de ces différents projets ?

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Globalement, les chantiers de barrages engagés par le gouvernement se poursuivent convenablement. Il en est ainsi, entre autres exemples :

-       des travaux du barrage hydro-électrique de Lom Pangar, dont le taux d’exécution se situe aujourd’hui autour de 82% et la mise en eau partielle de cet ouvrage était prévue mi-septembre 2015 ; cette opération, en termes simples, permettra à l’eau de monter progressivement dans le réservoir pour réaliser un stockage en volume de 3 milliards de mètres cubes afin d’apporter aux centrales de Song-Loulou et d’Edéa, un débit complémentaire en période d’étiage 2016 correspondant à un accroissement de production d’une puissance moyenne de 80 à 100 MW ; les travaux seront livrés dans les délais contractuels ;

-       des travaux de construction du barrage hydro-électrique de Mekin qui viennent d’amorcer une phase décisive avec l’opération, depuis quelques jours, de la deuxième dérivation du fleuve Dja et la première mise en eau ; le taux de réalisation des travaux se situe autour de 70 % pour une livraison attendue en mai 2016 ;

-       des travaux du barrage hydro-éléctrique de Memve’ele, également réalisés à 70%, pour une livraison attendue en 2017.

Bien sûr, il y a parfois ça et là quelques problèmes d’ordre technique ou social, mais ces problèmes sont marginaux et pour l’ensemble, les travaux de ces projets d’envergure s’exécutent harmonieusement et seront livrés dans les délais voulus.

De mon point de vue, les chantiers engagés par le gouvernement dans le secteur dont j’ai la charge se poursuivent convenablement. Il en est ainsi, entre autres exemples, des travaux du barrage hydro-électrique de Lom Pangar, dont la mise en eau partielle a eu lieu en septembre dernier ; de la construction du barrage hydro-électrique de Mekin qui a amorcé une phase décisive avec l’opération de la deuxième dérivation du fleuve Dja et la première mise en eau, le taux de réalisation des travaux se situant autour de 78 % pour une livraison attendue en mai 2016 ; du barrage hydro-électrique de Memve’ele, également réalisé à plus de 70%, pour une livraison attendue en 2017.

Qu’est-ce qui reste à faire dans votre programme d’amélioration de l’offre énergétique au Cameroun ?

Dans notre programme d’amélioration de l’offre énergétique, nous nous attèlerons à la mise en œuvre des projets de deuxième génération dans lesquels nous fondons de grands espoirs, à savoir : les aménagements hydro-électriques de 75 MW à Warak sur le fleuve Bini ; de 72 MW sur le fleuve Menchum ; de 420 MW à Nachtigal amont ; de 280 MW à Song Dong ; de 420 MW à Makay, etc.

Pour ce qui est des ouvrages de transport de l’électricité, nous avons engagé un programme de mise à niveau et d’accroissement de la capacité de transit de nos réseaux comprenant la construction de nouveaux postes d’interconnexion et de nouvelles lignes de transport d’électricité de desserte de nos métropoles et des zones de grands transits énergétiques, la construction à l’intérieur de celles-ci, de nouveaux postes sources et des lignes de bouclage pour y stabiliser l’alimentation électrique. Certains de ces projets font partie intégrante du Plan d’Urgence pour l’accélération de la croissance économique, décidé par le chef de l’Etat.

D’autres seront inscrits dans le projet d’infrastructures en cours de montage et à soumettre pour financement à la Banque Mondiale et des bailleurs de fonds tels que l’Agence Française de Développement et la Banque Européenne d’Investissement.

De manière globale, les études d’avant-projet sommaire permettant de définir et d’évaluer le contenu des travaux sont achevées pour certains et en cours pour d’autres. Les démarches de structuration des financements ont été engagées pour les projets déjà matures.

Evidemment comme je l’ai déjà souligné plus haut, le programme engagé par le gouvernement ne se limite pas à développer des ouvrages de production d’électricité. Il comprend également une importante composante consistant dans le renforcement et la construction de nouveaux ouvrages de transport de l’électricité dont la finalité est l’accroissement de la capacité de transit de nos réseaux pour permettre d’écouler de manière convenable, l’énergie produite vers les points de consommation.

Quant à la société chargée du transport de l’électricité, les activités préparatoires à sa mise en place ont déjà été engagées et se poursuivent. Elles vont de la finalisation du cadre juridique dans lequel elle exercera ses fonctions à l’élaboration des outils qui lui permettront de fonctionner. La phase de sélection des consultants chargés d’appuyer le gouvernement dans cette démarche se situe à un stade assez avancé.

Plusieurs endroits du pays continuent de subir des délestages. Quelles sont les mesures intermédiaires mises en œuvre pour maintenir un niveau acceptable de fourniture d’énergie en attendant les projets structurants ?

Je voudrais vous faire observer que la situation s’est nettement améliorée en 2015 où le délestage a été contenu dans des proportions appréciables. Quelques perturbations ont été enregistrées, liées en grande partie à une baisse drastique des débits d’eau dans le bassin versant intermédiaire de la Sanaga, en amont des barrages hydro-électriques d’Edéa et de Song-Loulou, ce qui avait alors entraîné une baisse de la production hydraulique de l’ordre de 150 MW. Mais globalement, la situation s’est normalisée, grâce à un ensemble de mesures prises par le concessionnaire.

Monsieur le ministre quelle place accordez-vous aux énergies renouvelables dans votre stratégie d’augmentation de l’offre énergétique ?

A l’observation du champ énergétique de notre pays, le constat qui s’impose est que la principale source utilisée jusque-là est l’hydro-électricité et dans une moindre mesure le gaz. Mais le gouvernement accorde désormais une place de choix aux énergies renouvelables.

En effet, l’option prise est de compléter la production hydro-électrique par le développement de micro et mini-centrales et par la valorisation des autres sources ; parmi ces sources, se trouvent en bonne place les sources d’énergies renouvelables qui constituent un atout pour compléter le dispositif énergétique et pour lesquelles notre pays dispose de potentialités réelles et qui sont moins coûteuses, plus respectueuses de l’environnement et qui permettent de desservir facilement les localités éloignées des grands centres hydro-électriques, la loi de 2011 régissant le secteur de l’électricité ayant d’ailleurs pour principal objectif de mettre à la disposition des populations camerounaises une énergie de bonne qualité et à moindre coût.

Cette loi consacre un chapitre aux énergies renouvelables mais c’est véritablement à travers le décret n° 2012/501 du 07 novembre 2012 portant organisation du ministère de l’Eau et de l’Energie que le chef de l’Etat, Son Excellence Paul BIYA a concrétisé sa volonté de promouvoir les énergies renouvelables à travers la création d’une direction des Energies renouvelables.

Plus concrètement, la stratégie gouvernementale de promotion des énergies renouvelables s’est traduite par :

-       l’amélioration du cadre législatif et réglementaire ;

-       le renforcement des moyens logistiques à travers l’acquisition d’équipements de suivi et de contrôle des projets d’énergies renouvelables ;

-       la prospection, l’évaluation et la valorisation desdites ressources à travers la construction d’ouvrages d’électrification ou d’éclairage public solaire ; c’est ainsi que pour 2015, 590 millions ont été consacrés à la construction de cinq centrales solaires, tandis que des lampadaires solaires ont été installés dans dix localités, pour ne citer que ces quelques exemples.

Dans ce volet, l’avancée la plus significative est l’implémentation en cours, du projet d’électrification de 166 localités par systèmes solaires photovoltaïques, qui consiste à réaliser des mini-centrales solaires de 30 à 200 KW avec l’appui financier et technique de la Société HUAWEI.

Les projets majeurs du gouvernement en matière d’énergies renouvelables sont en gros : le projet d’électrification solaire de 166 localités, la construction d’un champ éolien sur le Mont Bamboutos, le programme de développement de développement de la micro-hydro-électricité, le programme de l’éclairage public solaire, le programme de promotion du biogaz, le programme de rationalisation de la consommation du bois-énergie et de promotion de foyers améliorés, etc.